La liberté d'expression bafouée au Bon Marché !

Fin 2009, en pleine crise de la grippe A H1N1, les élus CFDT du Bon Marché sont intervenus auprès de leur direction pour demander la suppression d'une règle injuste et discriminante : l'amputation de la prime de fin d'année (ou 13ème mois)

 

en cas d'arrêt maladie en décembre. En clair, si vous tombez malade en décembre au Bon Marché, vous perdez une partie importante de votre 13ème mois. 

 

 La conséquence de cette méthode coércitive est que, tous les ans, des salariés, ne voulant pas perdre cette prime tant attendue, viennent travailler malade plutôt que de se mettre en arrêt, au risque de contaminer leurs collègues et les clients. 

En période de pandémie annoncée, les membres du CHSCT du Bon Marché ont estimé que cette mesure devait être retirée pour éviter la propagation du virus. Mais la direction n'a rien voulu savoir et malgré de multiples interventions des représentants du personnel, la règle est demeurée inchangée. 

Résultat des courses : dès le 1er décembre 2009, deux cas de salariés qui se disaient grippés étaient signalés aux membres du CHSCT. Ces derniers ont donc décidé d'écrire un courrier au Ministère de la Santé, en mettant la Presse en copie. Réaction immédiate des médias sur ce sujet d'actualité qui a poussé la direction, folle de rage, à revenir sur sa règle de retenue de prime (mais uniquement en cas de grippe A !).

Ne digérant pas la défaite, la direction a décidé de sanctionner les membres du CHSCT signataires du courrier envoyé au Ministère et à la Presse. 

Il n'est pas tolérable que des membres élus soient ainsi "punis" pour avoir utilisé leur droit d'expression, surtout que la direction avait été maintes fois alertée du problème. Le cas est donc porté devant les Prud'hommes de Paris, avec le soutien du Syndicat Commerce Ile-de-France. A suivre.