7 mars : protestation devant Prada
Une action de protestation contre Prada est organisée le 7 mars : 11h, place de la Reine Astrid à Paris 8ème, suite à des violations des droits des salariés et à des atteintes à la liberté syndicale d'un sous-traitant en Turquie.
Un communiqué de presse commun de Peuples Solidaires, CFDT, le collectif Ethique sur l'Etiquette a été envoyé :
L’association Peuples Solidaires, en partenariat avec le Collectif Ethique sur l’étiquette et la CFDT, organise le 7 mars 2009, à la veille de la journée internationale des femmes, une action de protestation symbolique contre la répression syndicale et les conditions de travail indécentes chez des sous-traitants de Prada en Turquie. Deux ouvrières turques récemment licenciées pour avoir voulu défendre leurs droits seront présentes et viendront témoigner de leurs conditions de travail et de leur lutte.
« Nous sommes contraintes de travailler jusqu’à 40 heures d’affilée, pour des salaires qui nous permettent à peine de vivre et dans des conditions dangereuses pour notre santé et notre sécurité » explique Emine Arslan, ex-ouvrière de l’entreprise turque Desa qui produit des sacs et d’autres articles de maroquinerie de luxe pour Prada.
C’est pour mettre un terme à ces conditions de travail insoutenables que des centaines d’ouvriers de Desa ont décidé de rejoindre le syndicat Deri Is en avril dernier. Mais depuis la création du syndicat, ses membres disent avoir été harcelés et menacés par la direction de l’usine qui refuse de le reconnaître et tente de le faire disparaître. 44 ouvriers ont finalement été licenciés.
Interpellée par Peuples Solidaires et le Collectif Ethique sur l’étiquette en décembre dernier (lire l'appel urgent), Prada, principale cliente l’entreprise turque Desa, prétend que des audits sociaux menés auprès de Desa n’auraient pas permis de mettre en lumière de violations à la liberté syndicale et aux droits des travailleurs. D’autres marques clientes de Desa, notamment Marks and Spencer, El Corte Ingles ou encore Debenhams ont pourtant reconnu l’existence d’abus chez leur fournisseur et ont pris contact avec l’entreprise turque. Aucune n’a toutefois pour le moment pris les mesures nécessaires pour mettre un terme aux violations en cours chez Desa.
Deux des ouvrières turques licenciées par le sous-traitant de Prada, Emine Arslan et Nuran Gulenc, seront présentes lors de cette action symbolique et solliciteront un entretien avec la personne responsable de la boutique Prada de l’avenue Montaigne, située à proximité du lieu de rassemblement. Elles répondront également aux questions des journalistes présents.
Cette action s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation internationale. Des actions semblables seront ainsi organisées simultanément à Londres, à Milan et à Istanbul, et relayées dans plusieurs autres pays européens par le réseau Clean Clothes Campaign.



